vendredi 10 février 2017

Aide aux migrants : "Aucun mineur ne doit dormir dehors en France", pour Cédric Herrou


Armstrong (Claude Nougaro)

L'agriculteur des Alpes-Maritimes, Cédric Herrou, était l'invité de franceinfo, vendredi 10 février, apès avoir été condamné ce matin à 3 000 euros d'amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Nice. L'homme âgé de 37 ans a été condamné pour avoir aidé des migrants à transiter clandestinement de l'Italie vers la France.

franceinfo : Le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis, vous écopez de 3 000 euros d'amende au final. Êtes-vous êtes satisfait de ce jugement ?
Cédric Herrou : Oui. Ces 3 000 euros avec sursis, je ne les payerai que si je recommence dans les mêmes conditions. D'après ce que j'ai compris, il n'y a pas eu de traçabilité des personnes. Je dois maintenant fournir un récit de vie sur ces gens-là. La justice me le demande. On pallie, en fait, une carence de l'État. Désormais, notre objectif va être de travailler sur un côté juridique. On doit mettre en évidence que la reconduite de mineurs isolés de la France vers l'Italie est illégale ainsi que le non respect des admissions pour les majeurs.

Allez-vous continuer à aider ces migrants ?
Oui. J'ai en ce moment cinq mineurs à la maison. Ils attendent d'être pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance. Les rapports vont un peu mieux avec l'ASE. La prise en charge a évolué. Ils ont ouvert d'autres centres et ils commencent à s'adapter à la situation des Alpes-Maritimes. Il faudrait maintenant qu'il y ait un accueil des majeurs. Nous sommes le seul département en France où il n'y a pas de Centre d'accueil d'orientation 5CAO). Il faut vraiment que la région et le département agissent.

Y-a-t-il encore beaucoup de migrants dans les régions montagnardes de l'Italie ?
Là c'est l'hiver, il y a donc un peu moins de monde que pendant l'été. Après, ce n'est pas non plus l'invasion. Nous, nous avons accueilli au maximum 250 personnes sur une vallée de 2 000 habitants. Nous l'avons fait avec des fonds personnels et associatifs. Nous ne sommes pas des surhommes, ni très riches. Cela prouve bien que c'est possible. L'État doit s'inspirer un peu de ce qu'on fait et agir ! Chez nous, il n'y a aucun mineur qui dort dehors. À Paris, il y en a 400, alors que l'État français se doit d'héberger des gens. Je rappelle que des mineurs en situation irrégulière ça n'existe pas. Il ne faut pas qu'il y ait un racisme d'État, qui fasse une distinction entre Noirs et Blancs. Aucun mineur blanc ne dort dehors, ça devrait être la même chose pour les mineurs noirs.

(11-02-2017 - franceinfo)

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